1963 — Le premier coup d'État en Afrique subsaharienne
1963 — The first coup d'état in sub-Saharan Africa
Le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio, premier président du Togo indépendant élu démocratiquement, est assassiné lors d'un coup d'État militaire. Il est abattu devant l'ambassade des États-Unis à Lomé, où il tentait de trouver refuge. Ce coup d'État est le premier perpétré contre un gouvernement civil en Afrique subsaharienne après les indépendances.
Olympio avait refusé d'intégrer dans l'armée togolaise des soldats togolais démobilisés de l'armée française, dont un certain Gnassingbé Eyadéma. Ce refus lui coûta la vie. Eyadéma revendiquera lui-même l'assassinat, avant de se rétracter.
1967 — Eyadéma prend le pouvoir
1967 — Eyadéma takes power
Après un premier coup d'État en 1963, puis un second en 1967, Gnassingbé Eyadéma s'empare du pouvoir et instaure une dictature à parti unique. Il dissout le gouvernement, suspend la Constitution et interdit tous les partis politiques. Il restera au pouvoir pendant 38 ans — l'un des règnes les plus longs d'Afrique — jusqu'à sa mort en 2005.
Durant son règne, des milliers de Togolais sont victimes d'arrestations arbitraires, de torture, de disparitions forcées et d'exils. Le culte de la personnalité est érigé en système d'État : son portrait est affiché dans toutes les administrations, son image figure sur les montres et les vêtements.
1990–1991 — La Conférence nationale et le massacre
1990–1991 — The National Conference and the massacre
Sous la pression internationale et populaire, une Conférence nationale souveraine est organisée en 1991. Pour la première fois, le peuple togolais espère une transition démocratique réelle. Eyadéma accepte temporairement de partager le pouvoir, mais reprend le contrôle par la force. Des soldats fidèles au régime massacrent des manifestants. Les corps de nombreuses victimes sont jetés dans la lagune de Lomé.
Les élections qui suivent sont émaillées de fraudes massives. La communauté internationale condamne sans agir. Des centaines de milliers de Togolais fuient vers le Ghana et le Bénin voisins.
2005 — La succession dynastique
2005 — The dynastic succession
À la mort d'Eyadéma le 5 février 2005, l'armée — fidèle au clan Gnassingbé — impose immédiatement Faure Gnassingbé, son fils, à la tête de l'État. Cette succession dynastique inconstitutionnelle est dénoncée par l'Union africaine, la CEDEAO et la communauté internationale. Sous pression, des élections sont organisées. Elles sont contestées. Des violences post-électorales font des dizaines de morts et provoquent une nouvelle vague de réfugiés.
Les modifications anticonstitutionnelles
Unconstitutional amendments
En 2002, sous Eyadéma, la Constitution est modifiée pour supprimer la limitation des mandats présidentiels, permettant au président sortant de se représenter indéfiniment. En 2019, puis en 2024, de nouvelles modifications constitutionnelles transforment le Togo en un régime de type présidentiel renforcé, vidant de leur substance les contre-pouvoirs institutionnels. Ces réformes sont adoptées sans référendum populaire, contournant la volonté des citoyens.
La répression continue
Ongoing repression
Sous Faure Gnassingbé, la répression des voix dissidentes continue. Les manifestations sont interdites ou dispersées par la force. Des blogueurs, journalistes, activistes et opposants politiques sont arrêtés, emprisonnés ou contraints à l'exil. Les médias indépendants sont étroitement surveillés. Les réseaux sociaux font l'objet de coupures Internet lors des périodes de tension politique.
En 2017–2018, une vague de manifestations sans précédent secoue le pays. Des dizaines de personnes sont tuées. Aucun responsable n'est jugé. La répression s'abat sur les familles des manifestants, sur les opposants politiques et sur la société civile.
Les prisonniers politiques
Political prisoners
Des dizaines de citoyens togolais sont aujourd'hui détenus pour des motifs politiques — pour avoir manifesté, publié des vidéos, des commentaires ou des tribunes critiques envers le pouvoir. Parmi eux, Mme Marguerite Gnakade, Jean-Paul Omolou et de nombreux autres dont les noms ne parviennent pas jusqu'à la communauté internationale.
« Le silence international face aux violations des droits humains au Togo n'est pas de la neutralité. C'est de la complicité. »
Les conditions de vie
Living conditions
Malgré les ressources naturelles du Togo — phosphates, agriculture, port de Lomé — une grande partie de la population vit dans une pauvreté profonde. La corruption endémique détourne les ressources publiques au profit d'une élite proche du pouvoir. L'accès à l'éducation, aux soins de santé et à l'électricité reste inégal. Des millions de Togolais vivent avec moins de deux dollars par jour.
Le Togo figure régulièrement parmi les pays les moins développés au monde, selon les classements des Nations Unies. Pendant ce temps, la fortune du clan Gnassingbé est évaluée en milliards de dollars, selon des enquêtes journalistiques internationales.
Ce que l'IIMG demande
What IIMG demands
L'IIMG appelle la communauté internationale, les institutions européennes, les Nations Unies et les gouvernements démocratiques à :
— Exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques togolais ;
— Conditionner les aides économiques au respect des droits humains ;
— Soutenir les organisations de la société civile togolaise ;
— Enquêter sur les avoirs illicites du régime à l'étranger ;
— Soutenir une transition démocratique pacifique et inclusive au Togo.